Lancé
sous légide de la Société française
des architectes et éditée depuis l'automne 2001
par Les Editions de l'Imprimeur par un groupe indépendant
darchitectes, de paysagistes et de critiques, Le visiteur
se présente comme une revue de critique des situations
construites. À travers des promenades et descriptions
critiques, des enquêtes historiographiques et des témoignages
décrivains, cinéastes, photographes, etc.,
à travers aussi linstruction de débats,
la traduction de documents inaccessibles et une pratique active
du compte rendu, lambition de la revue est de renouveler
la conscience que nous avons des territoires contemporains,
dexplorer leur épaisseur historique et de discuter
les enjeux de leurs mutations. Au delà des professionnels
et des étudiants directement concernés par larchitecture,
le paysage, lurbanisme et laménagement, Le
visiteur sadresse à tous les habitants actifs que
la nature et lavenir de nos environnements ne laissent
pas indifférents.
Une situation,
cest une certaine configuration dans lespace et
dans le temps. Mais cest aussi, sur léchiquier
des villes et du territoire, un moment dans la partie que
le plaisir et lattention livrent à lindifférence
et aux routines du cest comme ça.
Par critique de situation, nous entendons donc un cadrage
original cest à dire trouvé
par le critique qui soit révélateur denjeux,
et qui permette destimer des interventions actuelles
ou possibles.

Le
visiteur a été créé dans l'intention
expresse de produire sur l'architecture, l'urbanisme et le
paysage une réflexion critique fondée sur la
visite, c'est à dire sur l'expérience active
des situations construites. Énoncée ainsi, l'ambition
peut paraître triviale. Quelle critique pourrait faire
l'économie de son objet ? Dans la presse et la littérature
spécialisée pourtant, les opérations
contemporaines d'architecture ne sont pas souvent envisagées
dans la contingence de leur situation, ni mesurées
à partir du milieu concret qu'elles viennent localement
fabriquer ou modifier. Il est vrai que l'instruction des situations
construites réclame un engagement et un investissement
qui ne sont pas toujours à la portée des organes
professionnel d'information, que leur statut ou leur marché
contraignent à suivre sans retard l'agenda d'une certaine
"actualité". Même quand ils "font
le déplacement", ces organes ont rarement le temps
ou les moyens de véhiculer d'autres points de vue que
ceux des architectes ou des commanditaires, ce qui n'est pas
rien. Parallèlement, les débats qui agitent
les écoles et les milieux de l'architecture roulent
volontiers sur des idées très générales,
braconnées ici et là, et sur des "postures"
abstraites, toutes bien entendu plus "radicales"
les unes que les autres. En somme, on a d'un côté
des objets sans points de vue, et de l'autre des points de
vue sans objets. Nous proposons la visite comme une façon
pratique et plaisante de résister à ce divorce
entre idées et réalités.
Une
visite est un exercice d'attention appliqué à
rendre compte d'un moment du monde, et à en produire
une idée. C'est une réflexion située.
"No ideas but in things", écrivait
le poète William-Carlos Williams, "only the
local is universal". Le visiteur fait sienne cette
profession de foi.
Toutes
les situations construites susceptibles dêtre
aujourdhui habitées, visitées ou parcourues
sont actuelles, quelles fassent ou non lobjet
de projets ou de politiques en cours. Les comprendre et les
décrire, cest notamment se déplacer dans
leur épaisseur historique, et révéler
cette épaisseur. En complément de ses critiques
situées, le visiteur entend donc arpenter le champ
de lhistoire et de la théorie, tant par intérêt
en soi que pour éclairer des préoccupations
contemporaines. La revue publie ainsi, régulièrement,
le meilleur des matériaux accumulés par les
tribunes de conférences organisées chaque année
à la Société française des architectes.
D'abord
publié en français exclusivement et à
un rythme approximativement annuel, le visiteur est depuis
son numéro 5 une revue bilingue (intégralement
traduite en anglais) qui parait deux fois par an, en mai et
en novembre.
Pour
aller plus loin, lire ou relire l'éditorial du Visiteur
n°1
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