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N°10, printemps 2003


Outre la seconde partie du magistral essai consacré à Vauban, où l’on découvre le projet politique que bâtit sur la fin de sa vie cet infatigable arpenteur de territoires, cette dixième livraison du visiteur comprend quatre visites. L’une nous emmène dans deux hôpitaux, dont la chapelle et la « salle des départs » ont été récemment aménagées par des artistes : une occasion de méditer sur le rôle de substitut de la religion qui semble aujourd’hui assigné à l’art dans notre société laïque pour les espaces liés à la mort. Deux articles reviennent sur des bâtiments modernes célèbres (l’orphelinat construit par Aldo van Eyck à Amsterdam en 1960 ; la tour de logements réalisée au même moment par Édouard Albert dans le 13e arrondissement de Paris) pour tenter de rapporter leur destin (reconversion heureuse pour l’un, danger de patrimonialisation pour l’autre) à l’idée d’architecture « ouverte » dont tous deux ont pu être des emblèmes. Enfin, une étude très documentée de l’expansion d’un village rural proche de Bruxelles sur un siècle de son histoire interroge la nouveauté de la notion de « ville diffuse ».

Françoise Fromonot - Co-rédactrice en chef

Sommaire détaillé :

Editorial
Sébastien Marot

L’aventure du premier gratte-ciel parisien
Rémi Rouyer

La tour d’habitation de la rue Croulebarbe à Paris témoigne de l’engagement original de son concepteur Édouard Albert dans les débats de la fin des années 1950. L’architecte tente d’intégrer l’immeuble de grande hauteur au paysage parisien et de mettre l’intelligence constructive au service d’un plan flexible qui bouscule la culture du logement collectif. Le bâtiment fait aujourd’hui l’objet d’une procédure de réhabilitation qui soulève la question de la compatibilité entre son statut de patrimoine et sa vocation affichée à évoluer dans le temps.

Les mutations de l’orphelinat d’Amsterdam d’Aldo van Eyck
Alexandre Cocco et Eric Foulon

Que nous évoque aujourd’hui l’orphelinat d’Aldo van Eyck à Amsterdam ? Une série de clichés en noir et blanc pris en 1960, sur lesquels le temps semble arrêté ? Un « classique » moderne dont traînent, dans tous les livres d’histoire de l’architecture, le plan et une photo aérienne où le bâtiment ressemble à sa propre maquette ? À la faveur d’une incursion dans l’ex-orphelinat, cet article revient sur son histoire et son destin d’« œuvre ouverte » pour tenter de confronter l’une et l’autre au rêve de van Eyck – celui d’une architecture « durable » car infiniment accueillante à des usages multiples et changeants.

L’art, l’hôpital et la mort

Isabelle Genyk

La religion a longtemps été un opérateur majeur de la synthèse des arts, au point que l’émancipation de ces derniers à l’égard de la première a pu être décrite comme une véritable mutation d’espèce. Étrangement, c’est désormais à l’art contemporain (universel par définition), plutôt qu’à l’architecture, que nos sociétés laïques demandent d’assumer la relève de la religion lorsqu’il s’agit de concevoir des espaces liés à la spiritualité. La visite de deux aménagements artistiques récents en milieu hospitalier est ici l’occasion de réfléchir sur les raisons et le sens de ce phénomène.

Généalogie urbaine d’un village du Brabant
(Pour une histoire diffuse de la grande ville)
Bénédicte Grosjean

Il n’existe pas vraiment de généalogie de la « ville diffuse », ses historiographes la considérant volontiers comme une étape ou comme une mutation, la dernière en date, dans l’histoire de la ville. En se penchant sur le cas d’une petite commune du Brabant, typique d’un vaste territoire des environs de Bruxelles, Bénédicte Grosjean montre que le phénomène est bien antérieur à la notion, et découvre aux dernières formes de la ville diffuse, là où elles atterrissent, plusieurs générations d’ancêtres.

Les voyages de Vauban : II, le territoire pensé
Guillaume Monsaingeon

Après avoir campé à la fois l’arrière-plan, les instruments et le style particulier des voyages incessants par lesquels Vauban se porta aux frontières de la France d’Ancien Régime, et plongé nos lecteurs dans la prose nette et concrète du pays visité, Guillaume Monsaingeon s’attache ici à situer l’œuvre économique et politique que l’ingénieur tira peu à peu de cette expérience en la dématérialisant et en combinant les outils d’une véritable mathématique du territoire. À la visite et au dessin des limites succèdent la connaissance de l’échiquier, de ses ressources, de ses hommes, et la « représentation » de la nation.

  N°10, printemps 2003
 

Editorial
Sébastien Marot

L’aventure du premier gratte-ciel parisien
Rémi Rouyer

 
Les mutations de l’orphelinat d’Amsterdam d’Aldo van Eyck
Alexandre Cocco et Eric Foulon


L’art, l’hôpital et la mort

Isabelle Genyk


Généalogie urbaine d’un village du Brabant
Bénédicte Grosjean


Les voyages de Vauban : II, le territoire pens
é
Guillaume Monsaingeon

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Page mise à jour le 30/05/03
 
 
 
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