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Cette
phase se déroule en trois temps :
- lanalyse de la commande : comprendre
le client, ses spécificités, ses moyens,
ses besoins et sa structure de décision. En formalisant
en détail les attentes du maître d'ouvrage,
le maître duvre identifie mieux les
prestations attendues phase par phase (documents à
remettre, nombre de réunions, délais
)
;
- lorganisation des moyens : ces objectifs
sont traduits en moyens à mettre en uvre
- humains et matériels. Les prestations doivent
être correctement évaluées en quantité
et en prix, en particulier en cas de répartition
des tâches et des rémunérations au
sein d'une équipe de maîtrise duvre.
Le guide propose des tableaux permettant cette évaluation
;
- loffre de service "QCD" (Quelle
Qualité à quel Coût dans quel Délais).
Cette trilogie affichée par les théories
commerciales traduit la commande et lorganisation
des moyens. Elle se formule en offre : un niveau
de prestation et les responsabilités
qui en découlent, un prix qui tient compte
des coûts de revient propres à la structure
du maître duvre, un délai
qui tient compte des besoins de la maîtrise douvrage,
des ressources disponibles et des exigences du projet.
Si
les deux premières étapes danalyse
de la commande et dorganisation des moyens ont été
réalisées en concertation avec la maîtrise
douvrage, elles forment les bases dun accord
général que consigne le projet de contrat.
Déterminer
les coûts de revient des prestations de la maîtrise
duvre et déduire le prix de vente
Pour
quun prix puisse être affiché en contrepartie
dune prestation, le maître d'uvre doit
connaître ses "coûts de revient".
Une connaissance sommaire de ces coûts suffit pour
éviter les erreurs grossières. Le chapitre
"Calcul des coûts de revient" du guide
permet d'estimer rapidement les coûts principaux
utiles à létablissement des contrats,
et de les mettre à jour. Il s'agit ici, à
partir des pièces comptables, de calculer le coût
de revient moyen dune heure de travail facturable,
puis de passer de ce coût de revient à un
prix de vente, en corrigeant éventuellement les
distorsions et en ajoutant une "marge" au coût
de revient. Cette marge constitue soit une sécurité
face aux aléas soit un capital pour des actions
dinvestissement (achat informatique, formation-conversion,
etc.).
Prendre
en compte les aléas et estimer les risques
Au
moment de négocier un contrat, les maîtres
duvre ont tout intérêt à
évoquer avec le maître douvrage léventualité
de ces aléas qui ponctuent le cours des opérations
de construction et daménagement. Ces risques
apparaissent quand le contrat tente de forfaitiser deux
types dévénements :
- Les aléas propres aux décisions du maître
douvrage : modification du programme ou du
budget, multiplication des réunions, allongement
des délais dapprobation ou de notification...
- Les aléas propres à lopération
: par exemple des mauvaises surprises quant à la
nature du sol, des erreurs dans les pré-études
de diagnostic apportées par le maître douvrage
en cas de réhabilitation, un appel doffre
infructueux, la défaillance dun intervenant,
des décisions ou avis administratifs qui retardent
le déroulement de l'opération.
Les
clauses qui prennent en compte les risques peuvent être
rédigées avec plus ou moins de souplesse.
Une rédaction conçue pour sadapter
à des situations diverses permet de se rapprocher
dune gestion des événements "au
coût constaté", qui préserve
léquilibre financier de lopération.
A l'inverse, une rédaction rigide, tendant à
globaliser les aléas, génère un coût
qu'il est important d'intégrer au forfait de rémunération.
Projet
de contrat
Les
règles publiques fixent lordre et limportance
des pièces contractuelles .
Ce guide, quant à lui, choisit de présenter
dabord le CCAP puis lacte dengagement,
loffre de prix découlant de lanalyse
des conditions de production du projet.
Lacte
dengagement et ses annexes définissent les
obligations de chacun dans le cadre dune opération
qui se déroulerait sans problème. Le cahier
des clauses administratives particulières et ses
annexes fixent les conditions normales dexécution
et anticipent les éventuelles difficultés.
Ils doivent donc préciser, autant que possible,
comment traiter les différents aléas de
lopération. Le cahier des clauses administratives
particulières (CCAP) peut faire référence
au CCAG-PI (Cahier des clauses administratives générales
pour les prestations intellectuelles), cadre des marchés
publics de maîtrise duvre. Le CCAP peut
aussi proposer des dérogations et des variations
au CCAG-PI. Dans le silence du CCAP, ce sont les articles
du CCAG-PI qui prévalent.
Les
avenants au contrat
Daprès
larticle 2 de la MOP, larrêt définitif
du programme, du budget et donc des missions doit intervenir
avant tout commencement du PROJET. Jusque là, bien
des portes demeurent ouvertes, même si les changements
doivent rester limités. Le programme peut encore
saffiner, phase damélioration que produit
le dialogue entre le maître douvrage et larchitecte.
Lavenant post-APD est le moment de redéfinir
le cadre contractuel sur la base dun projet précis
et réaliste qui transcrit le programme initial.
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Négocier
le contrat et le signer
Expression
de la "volonté des parties", un contrat
doit tenir compte des besoins, volontés et contraintes
de chacun et, surtout, refléter un accord partagé,
mûrement réfléchi. "Négociation"
nimplique pas "confrontation". Le maître
duvre, en tant que prestataire de services,
a pour souci premier de satisfaire son client, qui, lui-même,
sert les intérêts des futurs usagers. La
négociation devient alors une explication ; confronté
à des alternatives claires, le maître douvrage
peut arbitrer entre différentes options pour optimiser
soit son risque, soit son coût.
En
ce qui concerne les méthodes danticipation
des aléas, certaines équipes mettent en
avant les démarches entreprises en amont auprès
des organismes instructeurs du permis de construire ;
dautres détaillent leurs techniques pour
diminuer le risque de sinistre en tenant à jour
une base de données sur la sinistralité ;
enfin, certains présentent un "plan qualité"
traduisant, sur lopération précise,
les procédures de leur certification ISO 9001.
Exécution
et suivi du contrat
Léquilibre
garanti au moment de la signature du contrat mérite
ensuite un suivi régulier. Effectué en fin
de chaque élément de mission, cette vérification
porte en particulier sur les points suivants :
- les prestations dues ont-elles été réalisées
en totalité ?
- les moyens engagés ont-ils été
conformes à ceux qui étaient initialement
prévus ?
- un bilan des écarts a-t-il été
dressé ?
Passer
en revue les difficultés rencontrées dans
lexécution des missions offre loccasion
de capitaliser les acquis de l'expérience. Certaines
agences consignent dans un "bêtisier"
les erreurs à éviter ; dautres
intègrent ces données à leur processus
professionnel. À lissue de la période
de parfait achèvement, le bilan définitif
de lopération porte à la fois sur
léquilibre financier et sur les méthodes.
Ce double bilan aidera, lors dun futur contrat,
à estimer plus justement son forfait de rémunération.
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