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le
moment contemporain de la fabrique du paysage
La
sphère et/ou la gourde ?
Deux modèles du monde sous lhorizon de la globalisation
séminaire
dans le cadre de léquipe associée au CIPh
pour le programme « Le moment contemporain de la fabrique
du paysage »,
sous la responsabilité de Philippe Nys
en collaboration avec la SFA (société française
darchitecture)
Jour
: le jeudi, 18h30-20h30
Lieu : SFA, 247 rue Saint Jacques, 75 005 Paris
métro : luxembourg
téléphone 01 56 81 10 25
e-mail : ekandel@sfarchi.org
Programme
des séances (mars à juin 2003)
13
mars, Philippe Nys, maître de conférences
université de Paris VIII (ufr arts plastiques)
27 mars, Minato Chihiro, professeur à lUniversité
Tama, Tokyo, anthropologie des arts visuels
3 avril, Philippe Nys
15 mai, Shigemori Mitsuaki, artiste, projet «
Shima », Kyoto
22 mai, Shiina Ryosuké, professeur à
Doshisha, Kyoto, département de musique
5 juin, Uemara Hiroshi, professeur à la Kyoto
School of Art and Design, Kyoto, département dhistoire
12 juin, Anzaï Shin-ichi, professeur à
luniversité de Hiroshima, département
des arts et des sciences
19 juin, Philippe Nys,
Argument
Inscrit dans le programme de léquipe associée
au CIPh pour le programme « Le moment contemporain de
la fabrique des paysages », ce séminaire consistera
à tester et à élaborer les termes dun
polemos, anthropologique, agissant les formes, expressions
et arts contemporains des lieux. Ce combat se polarise entre
un modèle platonicien, sphérique, continental,
dominé par un oeil, impérial(iste) et apollinien,
aujourdhui fracturé, dont la limite limitante,
le trait, est dessinée par lart du jardin, et
un modèle non sphérique de lengendrement
des formes, la gourde, un modèle qui relèverait
plus de larchipel, du voyage dun regard dédalique
(plutôt quicarien) dont le « jardin japonais
» offrirait un prototype et les recherches plastiques
contemporaines de lart et de larchitecture, le
laboratoire.
Suite à léclatement du modèle du
volume platonicien dont la sphère parfaite est lachèvement,
face à ce daucun considère, dans une rhétorique
parfois emphatique et dramatisée, comme une destructuration
et une désorientation généralisées
du sens et des significations du monde générées
par la globalisation, le jardin est le représentant
symbolique dune réponse technique, historique
et culturelle, un modèle de configuration qui vaut
pour lui-même comme jardin, mais aussi, au-delà
de lui-même, comme « logique » du lieu,
dispositif dassemblages, expérience spatiale,
construction symbolique, cosmo-plastie. Point dancrages
(au pluriel), qui voyage et migre dans le temps et dans lespace,
le jardin, avec ses performances multiples, construit un espace
mental symbolique, une clé (poïétique et
herméneutique) qui permet délaborer une
réflexion théorique de manière interne
à chacune des traditions et expressions des arts du
lieu, dinclure et interpréter les relations historiques
quelles ont pu entretenir entre elles (par exemple le
statut du jardin japonais en Europe), douvrir un horizon
permettant de penser et dagir ensemble des domaines
profondément divisés du savoir en visant une
« synthèse disjonctive » (Deleuze) plutôt
quune synthèse dialectique enchaînée
à une philosophie de lhistoire dont le Japon
fut la victime expiatoire, avec la bombe atomique. De ce point
de vue, avec sa géomorphologie et son climat (les conditions
de son milieu), son histoire culturelle avec ses performances
plastiques et technologiques, tenant compte des regards critiques
de philosophes et essayistes contemporains, le Japon peut
être considéré comme une sorte dexaspération,
de pointe extrême, de notre contemporanéité
et, à ce titre, un miroir qui la « réfléchit
» et permet de la décrypter.
On considérera donc la définition, classique,
du jardin comme micro-cosme, jardin-monde, dans le maximum
de son amplitude et de ses effets, comme un concept opératoire,
un outil de lectures dune série de strates dans
lesquelles nous sommes pris et que nous produisons à
léchelle de la planète et de la mondialisation,
cosmo-plastie de la fabrique du monde contemporain.
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